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2.2.4. Pourquoi la surveillance de la rage humaine doit-elle être accompagnée de mesures de prophylaxie post-exposition ?

En l’absence d’intervention médicale rapide et d’utilisation de produits biologiques antirabiques appropriés, le virus de la rage est toujours mortel. En conséquence, la surveillance de la rage humaine comporte un aspect temporel important, ; une réponse immédiate, bien antérieure à l’apparition des premiers signes cliniques, étant essentielle pour prévenir l’issue fatale de la maladie.

Les informations relatives aux espèces infectées et à la zone géographique d’exposition au virus permettent de mieux évaluer les risques, et sont donc essentielles à une surveillance efficace de la rage chez l’homme. Les cas de transmission de la rage par les chauves-souris sont souvent les plus complexes : les chauves-souris constituent en effet un groupe faunique divers, les différentes espèces ne présentant pas toutes le même niveau de risque ; par ailleurs, des traces de morsures ne sont pas systématiquement visibles sur les personnes décédées des suites d’une transmission de la rage par la chauve-souris. La surveillance de la rage humaine dans les pays et régions où le virus est endémique est une préoccupation essentielle.

L’OMS a déterminé plusieurs catégories d’exposition possible avec un animal suspect (domestique ou sauvage) (voir Chapitre 8, ici) :

Catégorie I – contact avec l’animal (la personne l’a touché ou nourri) ou léchage de la peau intacte, mise en contact de la peau intacte avec des sécrétions ou des excrétions d’un animal ou d’un être humain infecté. Ce type de contact n’est pas considéré comme une exposition au virus ; aucune mesure de prophylaxie post-exposition n’est nécessaire.

Catégorie II – mordillement de la peau nue, griffures ou égratignures superficielles sans saignement. Une vaccination immédiate est nécessaire.

Catégorie III – morsures ou griffures uniques ou multiples ayant traversé le derme, léchage de la peau lésée ; contamination des muqueuses par la salive après léchage, exposition à des chauves-souris.

Une prophylaxie post-exposition, incluant l’administration d’immunoglobuline antirabique, s’impose lorsqu’une exposition de catégorie II est reconnue, même plusieurs mois après le contact avec le virus rabique. Pour les catégories II et III, il est également important d’effectuer un traitement complet de la plaie.

En termes de prophylaxie post-exposition, les mesures de surveillance de la rage animale diffèrent selon que l’animal suspect est domestique ou sauvage. La vaccination des chiens domestiques contre la rage permet de réduire considérablement les risques de contamination ; il est donc essentiel de connaître leur état vaccinal. Dans le cas d’un contact avec un chien suspect dont l’état vaccinal ne peut être déterminé, l’animal sera isolé et mis sous surveillance pour une durée de 10 jours, afin de pouvoir déceler toute manifestation clinique de la maladie (si l’animal avait commencé à excréter le virus au moment de l’exposition, il présentera les signes cliniques de la maladie et mourra au cours de cette période), ou sera euthanasié et analysé. Dans le cadre de la surveillance de la rage chez la faune sauvage, les animaux susceptibles d’avoir transmis le virus de la rage à un animal domestique ou à un être humain devront, dans toute la mesure possible, être euthanasiés et analysés.


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